Une interprétation jungienne du Seigneur des Anneaux de JRR Tolkien. de Pia Skogemann

Une interprétation jungienne du Seigneur des Anneaux de JRR Tolkien

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de (Pia Skogemann)

Traduction : Christian Poelmans.

Le livre de Pia Skogemann En jungiansk fortolkning af Tolkiens Ringenes Herre fut publié le 27/02/2004 par les Éditions Athene à Copenhague. Elle n’a pas encore trouvé d’éditeur pour une version anglaise, mais voici une traduction de l’introduction du livre. Pour en savoir plus sur l’auteur, voir www.piaskogemann.com


J’ai lu pour la première fois le livre de Tolkien « Le Seigneur des Anneaux » il y a une vingtaine d’années, j’avais une petite vingtaine d’années moi-même. Le nom de Jung m’était alors très vaguement connu comme ayant été un des mauvais élèves de Freud. La psychanalyse freudienne étant elle-même déjà marginalisée dans l’université où j’étudiais, je vous laisse imaginer à quel niveau de profondeur inconnue de moi circulait la notion d’archétype. C’est donc avec une totale naïveté intellectuelle que je me suis plongé dans le monde de Tolkien.
Ce fut une lecture passionnante, qui en plus accompagnait de fréquents voyages que je faisais vers l’Angleterre à cette époque-là. Je m’amusais beaucoup à imaginer la Comté à travers les campagnes que je traversais en train. Je pouvais presque ressentir l’ambiance de « l’Auberge du Poney Fringant » dans les pubs feutrés du Pays de Galles profond et j’écoutais les Gallois parler leur langue aux accents étrangement elfiques. Les vestiges de châteaux, les chênes noueux, ces ancêtres silencieux des forêts britanniques, le ciel sombre et bas accompagnaient d’une réalité palpable les aventures de la Communauté de l’Anneau dans son combat contre Sauron. Un vrai bonheur !
Ma curiosité, pour le meilleur ou pour le pire, ayant tendance à être nomade, je ne me suis jamais attardé à le relire comme certains lecteurs passionnés. Je ne suis donc pas un érudit du monde tolkinien. Dernièrement, je m’y suis replongé pour le plaisir d’accompagner mes deux garçons et leurs copains dans son monde imaginaire.
Depuis le temps de ma première lecture, j’ai rencontré l’oeuvre de Jung. Et aujourd’hui, je pense que l’enchantement de cette époque à certainement contribué à me faire tendre l’oreille vers la réalité des archétypes et repartir de l’adulte qui « consent à suspendre l’incrédulité » vers l’enfant charmé qui « croit » à la réalité du monde secondaire créé par le conteur - Tolkien développe cette différence dans son essai sur les contes (1) - mouvement libérateur et non pas réducteur si l’on fait sienne, avec G. Durand, la vue de Minkowski, des romantiques allemands et du surréalisme : « Minkowski […] considère le passage de la vie mentale de l’enfant ou du primitif à « l’adulto-centrisme » comme un rétrécissement, un refoulement progressif du sens des métaphores. » (2)
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